Dans les sacoches d'Arthur

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vendredi 19 août 2011

J23 Retour à Bichkek

Torio, je te promet des lagmans pour notre kilomètre 1000. Nous nous arrêtons dans une échoppe en bordure de route. Un peu plus loin nous nous faison une halte pour une glace dans un des nombreux "magazin" qui bordent la M39, route nationale qui relie Taraz au Kazakhstan à Bichkek. On vend dans ces échoppes quelques nouilles, rarement des produits frais, mais surtout beaucoup de vodka, pour les pauses des conducteurs fatigues. Une bouteille d'un litre coute un euro. On nous offre du Pepsi, peut être en reconnaissance de ne pas y rester trop longtemps, après 15 jours sans douche...

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On retrouve le tumulte de Bichkek, l'air irrespirable de ses grandes avenues, mais aussi ses jardins, ses restaurants avec ses "schaschliks", son bazar regorgeant de fraises, de melons, de "chirdaks" de the et autres produits que jadis les caravaniers transporteaient, auxquelles viennent s'ajouter sur les étales colorées, les babioles chinoises aussi nombreuses qu'ephémères. Nous dormons sur le toit de la Sakura Guesthouse après des conversations animées par d'autres voyageurs auxquels nous souhaitons bonne route.

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Arthur et Torio

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J22 de Too-Ashuu à Sosnouka

On aurait bien besoin d'une journée de repos, d'une douche et surtout d'un bon repas. Nous quittons notre campement au bord d'un petit lac d'altitude avec dans le ventre un morceau de pain et un maigre café sans sucre.

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La route qui mène à Sosnouka descend sur 60 km non stop. Le thème de la journée est simple, joindre le plus vite possible un restaurant pour y déguster des "mantis", gros raviolis fourrés de viande de mouton et d'oignons servis avec une sauce au piment. En se prenant pour Mel Gibson dans Mad Max on a atteint 75 km/heure en pointe avant de retrouver la civilisation et de fêter avec appétit cette furieuse descente.

J21 Too-Ashuu tu ne m'auras pas

En contrebas du col on y voit des yourtes "relais routier" et d'interminables virages qui lacèrent l'incommensurable face émeraude surplombant la plaine désertique. Nous rentrons dans une des premières yourtes pour y boire une the avant la longue ascension. Nous y arrivons quatre heures plus tard. À 3853 mètres se trouve un tunnel qui conduit les poids lourds, maschrutcka, et voitures personnelles de l'autre côté, dans la vallée de Sosnovka. Ce tunnel de 3 km n'est ni ventilé, ni éclairé et nous préférons continuer sur les sentiers de montagne. Nous rejoignons le col naturel une heure après sur le sentier et sous l'orage et la grêle.

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De l'autre côté le sentier n'est praticable à VTT que par sections. Il est le plus souvent remplacé par un dédale de bloc rocheux par fragmentation et érosion de la lugubre face surplombant le sentier. Nous passons prudemment sous ce chaos rocheux prêt à se décrocher.

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Affamés, épuises et frigorifiés nous nous arrêtons au col pour bivouaquer. Le réchaud (Primus omni fioul) tombe en panne, et ne fonctionnera qu'après "un big maintenance" de deux heures pour decrasser tout le système.

J20 de Kyzyl-Oy à Tunuk

À Kyzyl-Oy nous devons faire un choix cornélien: soit nous empruntons un chemin désuet sur 200 kilomètres qui nous mène à Toktogul; soit nous continuons la piste vers Bichkek. Urs et Lisa nous préviennent du caractère mafieux des taxis de Toktogul et nous dissuadent de trouver un hypothétique bus pour nous remonter sur Bichkek. Nous manquons de temps pour ce projet. Le choix de raison nous pousse vers un retour à Bichkek. Nous croisons quatre cyclistes suisses à vélo. Deux d'entre eux sont partis il y a 5 ans de leur pays natal, ce qui nous semble une decision inouïe. "Le plus dur c'est de tout vendre et quitter les amis", certes, je comprends.

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Les gorges de pierre ocre se resserrent comme un étau sur le torrent, dont le grondement sourd s'amplifie à la mesure de notre avancée. Un aigle des steppes tournoie à la recherche d'une proie puis dispartait.

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Nous nous faufilons dans la vallée avant de ressortir 60 km plus loin au pied col de Too-Ashuu à quelques milliers d'ondulations terreuses du village de Tunuk. Une oasis a l'eau somatre nous sert de refuge pour la nuit.

J19 De Kyzart à Kyzyl Oy

Cette fois cire c'est bon, on fait nos aux revoirs au Kirghizistan "touristique". L'autoroute A367 devient rapidement une piste poussiéreuse gondolée. Les villages sont fantomatiques, il règne ici une atmosphère de post-sovietisme déshabitée. C'est dimanche et aucun bouiboui n'est ouvert dans Chaek le chef-lieu. À défaut d'un déjeuner, nous avalons 90 kilomètres pour arriver à Kyzyl Oy.

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Sur le chemin, des pêcheurs du dimanche nous offrent une pastèque. Ahuris par la chaleur, la soif, la poussière et le soleil cuisant nous en engloutissons une belle moitié entrecoupée de moultes remerciements. Nous dinons dans l'unique gastinitsa de Kyzyl Oy et nous y rencontrons Urs et Lisa, deux Suisses, de passage au Kirghizistan pour apprendre à travailler le feutre. Leur beau fils est le recordman du VTT d'altitude dans le Ladakh (www.mountainbike6000.com). Nous rêvons un peu de descentes himalayennes avant de trouver un coin arboré entre le vallon à la terre ocre et aride, et le bouillon du torrent.

J18 Du Lac Song Kol à Kyzart

Des risées venues du lac et l'aube nous sortent d'un sommeil profond. Chevaux, moutons, pâturent déjà sur la rive.

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Un "caf", du gruau et des caramels russe nous motivent à décamper. À cet endroit, il n'y a plus de piste. Nous empruntons les chemins de traverse, les sentiers de bergers, et l'herbe fraiche pour nous diriger vers l'ouest. Au détour d'un ruisseau nous faisons une halte dans une yourte pour boire un the à 100 soms sur fond de musique Kirghize. Tels des édiles plébéiens, nous nous prélassons en dégustant miel, confitures, crèmes et beurre allongés sur les épais chirdaks colorés et d'épais feutres en admirant l'ingénieux entrecroisement des treillis, perches et couronne de la yourte. Exalte par cet orage somesthésique nous gagnons la bordure ouest du bassin qui nous conduit vers un col.

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Un cowboy de dix ans à peine rabat habilement les moutons égarés et poulains esseulés du troupeau. Rapidement nous nous retrouvons sur les hauteurs du col (3300 mètres) avant de basculer vers une vertigineuse descente de l'autre côté de la vallée.

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Le terrain sec, la pente, les virages techniques, les passages à guet à 40 km/h, nous font oublier pendant une bonne heure l'existence de nos sacoches. C'est du pur bonheur qui se couronne en fin de vallée par une baignade dans les eaux translucides et vivifiantes d'un affluent du Kokomerent.

J17 De Keng Suu au lac Song Kul

Le voyage c'est savoir ce que l'on quitte sans savoir où est le bout de la route. C'est un choix de vie à l'échelle d'un maquettiste. Partir de notre bivouac c'était de la folie après une nuit sous les étoiles, bercés par le glougloutement paisible de la rivière, et la fraicheur des neiges éternelles suspendues aux sommets environnants. Peut-être faudrait-il rester ici jusqu'à l'épuisement des vivres? Nous reprenons notre ascension vers le col après un café et un nan. Les 50 kilomètres qui nous séparent du col sont interminables et nous refusons une alléchante proposition de monter dans une voiture. Vers 3800 mètres nous arrivons épuisés mais satisfaits au col. Un troupeau de Yak et une vue splendide sur Song Kol nous attendent.

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Autour du lac, les nomades kirghizes viennent faire pâturer leurs troupeaux l'été depuis un millénaire. C'est un véritable terrain de camping où les yourtes éparses s'égrainent sur fond gazon verdoyant.

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Le champion d'Asie de lutte Greco-romaine (sisi) nous offre de la pastèque et des nans comme cadeau de bienvenue.

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Nous nous essayons timidement au cheval Kirgize avant de planter la tente sur la rive ouest du lac.

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J16 Kochkor à Keng Suu

Aimez-vous le Cluedo? Oui? Sous la pluie? Oui? en Russe? Au réveil? Vous auriez certainement adoré notre début de matinée. Le jeu: retrouver la sacoche perdue parmi 4 maisons Kirghizes. Un indice: le sac à cartes est revenu comme par magie au petit matin. Une énigme: pourquoi rendre des cartes très prisées dans le pays et garder des livres de littérature française? À force de sonner chez tout le monde nous nous faisons inviter pour un somptueux petit déjeuner "tout bio". Après quelques heures de pérégrinations et d'enquêtes infructueuses nous reprenons la route vers l'est, allégés de récits d'aventures, de prose, et de romans Orientaux.

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Nous arrivons à Keng Suu après quelques heures. Cette fois cie nous soignons notre bivouac, en trouvant un coin de pelouse arborée dans une valée désertique, l'oasis de paix d'une journée de discorde.

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J15 d'Ottuk à Kochkor

Quelques kilometres après Ottuk nous quittons la rive sud du lac Issykul. Le paysage est lunaire, les kilomètres défilent et nous sommes accompagnés ça et la par une pie bariolée. Par moments, des camions chinois rentrant à vide au pays nous doublent. Arrives à Kochkor nous rencontrons deux français tourdumondistes à vélo. L'après-midi est oisif, et pluvieux. Nous nous faisons surprendre par la nuit et le mauvais temps, nous plantons dans l'orage un mauvais bivouac à la sortie de la ville. Nous nous faisons voler la sacoche avant du Torio avec Prévert, Bouvier et Hesse... une grande perte pour nos siestes!

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mercredi 10 août 2011

J14 Bohkonbaevo à Ottuk

Nous avions prévu de quitter rapidement la “grand route” pour nous diriger vers celle des montagnes qui mène à un col à presque 4000 mètres. Le “community based tourism” veille sur nous et nous informe que le col est fermé pour cause de neige. Difficile de s’extirper du luxe pour repartir sur la route sud d’Isyk-Kol, surtout avec ses nids-de-poule, ses chiens, et ses chauffards à alcoolémie inconnue.

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Nous pédalons 75 km pour nous retrouver à Ottuk. La rive est amenagée d’une forêt et de pelouses où des familles et des amis passent leur fin d'après-midi. Les uns apprennent aux enfants à nager, les autres partagent un tchai une pastèque ou un nan. À côté de nous un étudiant se lance dans un chant parlé devant ses amis. Il semble raconter les contes de Manas. Nous dinons dans un wagon reconverti en roulote aménagée en bouiboui. Nous y partageons la nuit avec ses propriétaires, Hussain et son épouse.

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Elle fabrique un koumis (lait de jument fermente) fume en fut tapissé de graisse de mouton réputé comme un des meilleurs de la vallée; nous n’avons pas d’avis sur la question.

J13 Barksoon à Bohkonbaevo

La découverte de la journée c’est que les délicieux raviolis fait maison s’appellent les mantis et que c’est déchiffrable en cyrillique. Notre réveil sur la plage est moins idyllique que prévu; il pleut et le ciel noir donne une teinte verte au lac.

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On est carrement moins tempté par la baignade matinale et nous reprenons la route vers l’ouest lointain. Nous arrivons à Tamga affames après avoir croisé deux cyclistes à vélo; un couple de néo zélandais “year off” qui ont déjà parcouru l’Europe et l’Asie centrale. Ils reviennent du Tadjikistan et sont vêtus de chemises blanches impeccables; je regarde El Torio… C’est après quelques pérégrinations dans Tamga que nous trouvons un café. Pas facile de trouver, c’est dans un immeuble avec un grand portail vert serti d’une étoile rouge. Il s’agissait probablement du restaurant d’une ancienne caserne, nous y découvrons les mantis… L’arrivée à Bohkonbaevo (70 km) est orageuse ce qui nous pousse à trouver une Guest House. Nous tombons pas hazard sur celle de Guiliana.

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Cette maison d’hôte est un bijou Kirghize avec une grande pièce lumineuse aux nattes et aux shyrdaks colorées donnant sur trois chambres. À l’extérieur le sauna russe et la yourte nous attendent. Guiliana, son mari et son fils nous reçoivent en princes nomades…merci à vous.

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mardi 9 août 2011

J12 Karakol à Barksoon

Hey mon ami, 90 km sur une route au bitume mite par des 4*4 Lada et de Machrutkas soviétiques ça fait mal… Bon il faut dire que l’on a vraiment pris notre temps pour partir. Manon une exploratrice à cheval, grande mangeuse de pastèque nous a accompagné au bazar puis au café et nous avons oublié nos montres.

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Nous ne décollerons qu'à midi. Avec 23 km/h de moyenne et 90 km de nids de poule sans discontinuité, je peux vous dire que je ne voyais plus ma selle de la même manière. Nous suivons la rive sud du lac Isyk-Kol que nous rejoignons au kilomètre 60.

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L’eau est turquoise; le lac est si grand qu’on y voit l’horizon. Après avoir diné dans un café des plus soviétiques, nous plantons la tente sur la plage en contrebas de Barksoon.

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lundi 8 août 2011

J11 Altyn Arachan à Karakol...I'll be black

Comment envoyer deux VTT à la casse? Je vous propose de lâcher les freins de 3000 mètres à 1800 dans la descente caillouteuse d'Altyn Arachan. Rien à faire, nos VTT ne cèdent pas et nous devons continuer notre périple à vélo. Cela nous permet de revenir à Karakol en 1h30 (40 km) pour nous rendre au "Tourist information" avant sa fermeture. Nous y rencontrons quatre étudiants en médecine en périple sur la route de la soie. Entre la chaleur, le bazar, internet qui bug et une intarissable envie de faire la sieste, nous décidons de donner à Karakol une deuxième chance de nous faire découvrir ses chachliks (barbecue de brochette de mouton).

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Nous les partageons avec une piva avec des amis voyageurs d'un soir (et plus si l'on se recroise sur Marseille). Nous dormons sous l'aile protectrice d'une 2 CV à la double immatriculation: Neuilly sur seine (92) et Bichkek. Si vous êtes le propriétaire merci de déplacer votre véhicule, elle gêne le passage vers la niche du chien de la Karakol Yak Yourt Camp.

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dimanche 7 août 2011

J10 "un 4000 pour mes 27..." El Torio le 5 Aout 2011

Ouf je n'ai pas oublié: aux premiers rayons de soleil sur la tente je fête les 27 ans du Torio. Je lui prépare un poridge amélioré avec du lait en poudre et du cacao dans lequel je plante en guise de bougies quelques brins d'herbe. Je chante succinctement un 'Happy birthsday' et nous partons en randonnée sur les conseils de Nicole L. Ecris nous. Ici les chemins sont tracés par le bétail (je ne parle pas de leur balisage). Autant vous dire qu'ils menent à de beaux pâturages mais à aucun sommet.

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Nous décidons d'aller à la conquête du premier. Torio me devance d'une bonne dizaine de minutes et se trouve bloqué dans une face terreuse. Son genou est en sang quand j'arrive à son niveau. Nous trouvons un chemin herbeux pour rejoindre le sommet... à plus de 4000.

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La vue nous offre un superbe panorama sur un des glaciers du Tian Shan qui s'étend sur plus de 40 kilomètres. 27 ans c'est vieux ça non?

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samedi 6 août 2011

J9 Départ pour Ak Sou demi-tour et départ pour Altyn Arachan...

Tout rase c'est laid mais je n'ai trouvé que Torio comme coiffeur. Àpres avoir épuisé 5 gilette bilames nous partons en direction des montagnes du Tian Shan. Le plus simple (lonely planet) semble de rejoindre Ak-Sou. Nous visitons un sanatorium soviétique quasi désaffecte dans un fond de vallée recouvert de chanvre ... hasard botanique?

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La route décrite n'existe pas et nous rebroussons chemin pour se diriger vers Altyn Arachan. Nous y arrivons à la tombee de la nuit après quelques heures de poussage sur 1200 mètres de dénivellent. Une vallée merveilleuse nous attend avec un glacier surplombant la vallée.

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Nous rencontrons Nicole L. plein de bons conseils et de récits de voyages. Elle fait équipe avec Nazgûl un jeune guide Khirgize, elles forment toutes les deux un duo de choc. Nicole écrit nous!

J8 Karakol

Après une nuit difficile dans le Bus, journée de repos à Karakol. Nous rencontrons Crakene, Talai, Goulbara au baza de Karakol. À la tombée de la nuit, ils nous invitent à diner. Nan, pastèques, the, miel (du jardin), confiture de mirtilles fait maison fontt office d'apéritif. Crakene, la maman, nous offre le kesme à la tombee de la nuit et fête le ramadan avec nous. C'est un ragout à base de patates de viande de mouton. Nous parlons de nos impressions Kirghize et de Honoré de Balzac (qu'il faudrait tout de même relire!)

Kraken Family

J7 Descente d'Ala Archa

On a fait 75 km aujourd'hui le record de la semaine. Ce record est facilement expliqué par une dénivelée négative de 1500 mètres. Du coup nous fetons cette performance à grands coups de plats kirghizes à Bichkek. Une fois nos batteries rechargees en glycogène nous partons faire nos emplettes au grand bazar d'Och.

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Torio trouve les meilleures fraises de la planète, nous en honorons un demi-kilo. Nous trouvons un bus de nuit "Vacances et Loisirs" (ils auraient quand même pu effacer le nom!) qui nous amènera à grands coups de Baksich à Karakol. Pendant huit heures durant, Torio se tortille. Les meilleures fraises du monde nous font visiter un Karakol qui n'est décrit dans aucun guide.

mardi 2 août 2011

J6 Col d'Ala Archa / Blancs becs à Pied froid; 1 vs 0

Une très belle journée s'annonce. Le porridge est cuisine par El Torio, avec le raffinement d'un anglais. Servi avec du thé et des petits gâteaux il est digne des meilleurs petits déjeuner servi dans les high school de Cambridge. Je fais la lecture de quelques poèmes de Prévert à haute voix.

" Une fille nue nage dans la mer
Un homme barbu marche sur l'eau
Où est la merveille des merveilles?
Le miracle annonce plus haut "

Nous voilà lancés vers le col d'Ala Archa. C'est quit ou double. Un glacier nous attend et les cours d'eau qui en proviennent sont gonflés par le mauvais temps des jours précédents. Un aigle royal profite des courants ascendants des falaises granitiques avoisinantes. De chevaux Kirghizes pâturent dans les ultimes prairies jonchées de fleurs printanières.

Ala archa2

Le chemin est évident et nous entrevoyons le col. La rivière n'est que succession de rapides, et son eau bleutée tonitrue au fond de la vallée.

Tutur et le pont

Nous tentons le passage à gué d'un affluent, Pied nu. Après avoir franchi plusieurs de ses bras, le courant et la température de l'eau nous bloque. Son franchissement est impossible dans ces conditions et nous sommes contraints de renoncer. Un peu déçus et les pieds gelés nous redescendons vers les vers pâturages de la vallée.

Tutur Freeze

La descente est technique et rapide, El Torio d'abord dubitatif sur le matériel, s'offre deux heures de "pilotage" en riant de bonheur.

Nous sommes invites à l'improviste dans la famille de Kairat au bord de la rivière. Il a neuf enfants (et deux de plus) et utilise sa camionnette pour aller à la pêche en famille. Des pastèques des tomates et du pain, sont d'un réconfort frugal et simple propice a un pique-nique familial égayé de quelques blagues sur le mauvais anglais de son fils 12 ans qui sont un bien piètre traducteur.

Kailat Family

Nous campons sur place. Le sommeil venu je suis réveillé par une bête maléfique qui se frotte à la toile de la tente. Je réveille immédiatement Torio pour le prévenir de l'attaque imminente du monstre. Le vent faisait simplement balancer un sac pendu à un arbre.

J5 Remontée de la rivière Ala-Archa

Le parc d'Ala Archa et sous le somme du même nom. C'est la chaîne montagneuse qui surplombe Bichkek et dont les glaciers réverbèrent le soleil sur ses avenues rectilignes. Nous pénétrons le parc et sommes arrêtés par le mauvais temps. Un gîte propose du thé de la soupe des samoussas et du pain. On dit oui à tout. Motivés par un peu de réconfort et une éclaircie, nous continuons notre ascension. Rapidement nous nous retrouvons sur des chemins pédestres à pousser nos vélos, passer des cours d'eau à gué, faire demi-tour pour trouver des ponts à peine suspendus. Ala-Arsha j5

Nous trouvons à bivouaquer aux alentours de la cote 3000, en bordure du torrent. Les quelques arbustes nous offrent leurs branches mortes pour faire un feu. Mille étoiles inconnues ont rendez-vous ce soir avec la voie lactée.

Fire

samedi 30 juillet 2011

J4 Depart pour Ala-Archa

Riche journée, tout d'abord nous buvons le thé avec nos colocataires Israéliens, l'un d'eux viens du Tadjikistan et nous échangeons quelques impressions sur les abords du lac Saez, ce qui me renvoie quatre ans en arrière dans le Pamir. Nous partons en ville à la recherche d'un petit déjeuner. À deux pâtés de maisons nous nous faisons arrêter par un policier Kirghize. Fidèle à ses principes, El Torio refuse de donner son passeport et le garde rameute ses potes à képi. Nous nous retrouvons rapidement à déballer nos sacs et subir un interrogatoire sommaire dans une vielle Audi 80 banalisée. Ils cherchent des flingues, de la drogue, des preuves d'espionnage. Le climat s'envenime un peu devant mon opinel "Apli Champsaur", mais rapidement ils constatent qu'ils font Chou blanc. L'ambiance se détend et ils nous proposent d'aller boire un coca-cola. "Ne pani mai" et nous sortons de l'Audi. De retour du petit déjeuner (excellentes pâtes chinoises) et de courses, on prend le temps de faire les sacoches. On se lance de façon concomitante dans une séance de portrait des abdulkaium et de sa fille Moursina qui a tout juste 6 mois.

Moursina

Moursina Polaroid

Départ à midi la pire heure, on trouve inopinément au détour de notre chemin une vis de cale pied (normalement introuvable) dans un bazar de pièces automobiles d'occasion. Le lieu est énorme, mes pédales sont sauvées!

Tutur et les garagistes

Après la sortie de Bichkek débute une longue ascension en direction des premières neiges du Tian Shan. La chaleur est insupportable et nous consommons un litre d'eau à l'heure. C'est le samedi et l'élite de Bichkek monte en famille pour le weekend dans la valee d'Al Plegri. Berlines et 4*4 nous dépassent en nombre et nous empruntons les chemins de traverse. Bolot fait construire une maison près de la rivière par deux maçons Russes. Il nous invite à boire le thé en famille avec sa femme et ses deux filles. Un festin nous attend, à base de thé, de nan, de caramels, de confits d'agrumes, de légumes du potager, de délicieux poisson fumé, et de gâteaux secs. Dina, sa fille, lui sert de traductrice. Bolot a 45 ans, il a rencontré son épouse en "discothèque" pendant le "bloc soviétique". Ils avaient 16 et 17 ans. Bolot a ensuite été enrôlé dans l'armée soviétique, sur le front en Georgie et en Ouzbékistan. Il en est sorti lors de l'éclatement de l'URSS et il a un impact de balle à l'épaule. Il est d'une sympathie inouïe. Nous campons à quelques kilomètres de là aux abords du parc naturel d'Ala Archa, en bordure de rivière.

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